Un petit effort et beaucoup d'attention

LE BILLET DU VICAIRE GENERAL
Une lectrice de mes petits billets s’interroge sur ce que j’ai écrit à propos d’une forme de patriotisme qui consiste à essayer d’acheter le plus possible de produits français pour soutenir l’activité économique et l’emploi. Elle trouve que ce n’est pas facile car on a du mal à faire la clarté sur la provenance de beaucoup de biens de consommation.
Evidemment on ne change pas son réfrigérateur ou sa voiture tous les jours. En revanche on mange tous les jours. Or, en matière de nourriture il existe une grande traçabilité qui permet de savoir facilement d’où viennent les produits. Il suffit de s’astreindre à un petit effort qui demande de l’attention et pas davantage en jetant un petit coup d’œil aux étiquettes : normalement la provenance de nos fruits et légumes, de notre viande, est inscrite et en tout cas aisée à connaître. Je m’astreins personnellement à acheter des bananes des Antilles Françaises, des mandarines corses, de la lentille verte du Puy, le riz de Camargue, de la boucherie de provenance régionale, etc. Pour les fromages c’est encore plus facile !
D’ailleurs beaucoup de grandes surfaces ont développé de véritables « collections » de produits régionaux français avec un étiquetage spécifique et dont on est absolument certain de la provenance. Par ce biais la grande distribution soutient nombre de PME régionales très spécialisées dans des produits vraiment typiques comme le cassoulet, la choucroute, la charcuterie, la pâtisserie.
Allons un peu plus loin et faisons d’une pierre deux coups : qui pense à s’approvisionner en produits de très grande qualité vendus par nos monastères ? Il existe en effet un grand éventail de productions des communautés de moines et de moniales français dont la vente permet à ces abbayes de vivre à peu près correctement. Cela va de la confiture aux biscuits en passant par la bière, la cire, les produits d’entretien ou de beauté. La plupart sont fabriqués à l’ancienne, sans ajouts de produits chimiques, selon d’antiques traditions que l’on se transmet dans chaque monastère.
On va me demander pourquoi un vicaire général s’intéresse à des choses aussi triviales : il n’y a pas de petit effort. Tout ce qui peut être fait par les uns et les autres pour maintenir à flot notre économie nationale ne doit pas être méprisé même si cela nous paraît une goutte d’eau dans un océan. Les seuls combats perdus d’avance sont ceux qu’on refuse de livrer.
Robert POINARD








