Liberté chérie... octobre 2011
Le billet du Vicaire général
"La question du crime et de la peine capitale de cet individu n'est pas une question de foi ou de religion. Dans notre régime, personne n'est exécuté pour avoir changé de religion » déclare cette semaine un haut fonctionnaire de la province de Ghilan (Iran), où le pasteur Nadarkhani a été jugé en appel pour apostasie après que la cour suprême ait annulé en juillet dernier une première condamnation à mort pour le même motif. Si la situation n’était pas tragique il y aurait vraiment de quoi rire quand tout le monde sait comment ce pays traite la dissidence, religieuse ou politique...
Que le pasteur Nadarkhani ne risque plus la peine de mort est heureux mais qu’on trouve encore au XXIème siècle des pays dont le droit pénal compte l’apostasie au nombre des crimes justifiant des rigueurs de la loi est vraiment sidérant. Que les hommes n’aient pas, partout dans le monde, le droit de suivre la religion de leur choix c’est cela qui est scandaleux. J’ai lu quelque part qu’on lui avait demandé de se repentir d’être devenu chrétien comme s’il s’agissait d’une honte !
Et comme il faut bien trouver une raison pour persécuter cet homme malgré tout on invente des motifs, tous les plus fantaisistes les uns que les autres : il serait sioniste, il aurait commis d’autres délits et l’on dresse une liste totalement arbitraire de ses pseudo-crimes...
La méthode n’a pas changé depuis l’empire romain. Dans notre martyrologe nous pouvons lire comment on s’y prenait aux premiers siècles pour imputer à ceux que l’on persécutait mille délits imaginaires : comme les romains étaient légalistes cela permettait de traîner les chrétiens devant les tribunaux afin de pouvoir mieux s’en débarrasser en toute impunité puisqu’il s’agissait d’exécuter une peine infligée par la justice. Couvrir leurs vilénies sous le manteau de la légalité a toujours été le grand principe des persécuteurs.
En tout cas la mobilisation porte ses fruits. Désormais quand une grande lame de fond internationale se dresse face aux pourchasseurs de chrétiens ils finissent par reculer. Il nous faut demeurer vigilants et ne pas hésiter à nous engager dans les mouvements protestataires quand la liberté de nos frères est en jeu.
ROBERT POINARD








