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Miettes de la semaine - sept 2011

 

mgr Robert Poinard- Titre d’un article de La Croix : « Les lefébvristes français s’estiment plus romains que bien des évêques ». L’enjeu est-il la romanité ou la catholicité ? Peut-on encore, dans une Eglise dont l’avenir est en Asie, en Afrique, en Amérique Latine, ce dont Benoît XVI est très conscient, continuer d’imposer un modèle « romain » surtout quand ceux qui prétendent le défendre se basent sur une « tradition » qui ne retient que deux siècles de référence et le seul modèle tridentin ? La question n’est pas de savoir si nos évêques sont plus ou moins romains mais s’ils sont fidèles à tradition apostolique qui est loin de se résumer à celle de la seule Europe occidentale.

- Pendant ce temps-là en Autriche un groupe de trois cents prêtres demandent des réformes à corps et à cri. Tôt ou tard il faudra bien se reposer la question des « viri probati » c’est-à-dire d’hommes mariés et d’expérience, ayant fait leurs preuves, et que l’Eglise pourrait appeler au ministère presbytéral. Je n’entre pas dans la réflexion purement théologique mais je me dis qu’on a jamais vu aucune société humaine se priver de la compétence d’hommes sages et religieux. L’expérience du diaconat que nous vivons, notamment au diocèse aux armées, me fait parfois regretter que certains d’entre nos diacres ne puissent pas accéder au sacerdoce.

- On parle beaucoup de ce médecin qui aurait donné la mort à une dizaine de patients. Je ne peux pas ici rentrer dans l’immense débat éthique mais simplement remarquer que dans cette affaire ce qu’on reproche surtout à l’intéressé c’est en somme de se prendre pour Dieu le Père... Je note dans tous les articles que je lis, l’absence totale de DIALOGUE avec le reste de son équipe, avec les familles. Il semble avoir agi en solitaire. L’Ecriture Sainte, que ce soit dans l’Ancien Testament comme dans le Nouveau, nous enseigne qu’aucune de nos décisions ne peut être prise sans ce minimum de recul qui est fait de réflexion et, pour les croyants, de prière mais aussi sans le conseil de quelques uns, choisis pour leurs qualités humaines et spirituelles. Dès lors que l’on veut demeurer seul aux commandes les risques se multiplient de prendre une mauvaise décision. Mais le boursouflage de l’ego dans nos sociétés modernes fait que beaucoup estiment désormais déchoir s’ils sollicitent un conseil. Ce qui était acte de sagesse est aveu de faiblesse. Ne nous laissons pas piéger à ce mauvais jeu.

- Le Président de la République propose de faire encadrer les jeunes délinquants par des militaires. Je laisse de côté la question financière. Personnellement je me réjouis parce que je constate que, contrairement à ce que beaucoup pensent par méconnaissance de l’institution militaire, celle-ci n’a pas à rougir de son expérience et de ses compétences en matière d’encadrement et d’éducation. Des expériences passées (je pense à l’amiral Brac de la Perrière et son association JET) ont montré qu’il existe une réelle capacité des militaires à remettre des jeunes en route, à leur proposer un avenir, bref à en faire des hommes libres, dignes et responsables. Je constate par ailleurs que l’armées est à peu près le seul milieu qui demeure dans notre pays où l’ascenseur social continue de fonctionner ! C’est pourquoi, même si nous savons qu’en matière d’éducation de jeunes délinquants, la tâche est lourde et délicate, je me dis qu’il faut laisser une chance à cet ambitieux projet. De toutes façons rien de solide et de sérieux ne se fait dans la facilité.

ROBERT POINARD